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Département Communication de la Chambre Syndicale des Verreries Mécaniques de France

VOA : recyclage un jour, recyclage toujours

bouteilles et bocaux en verre     Actrice régionale du recyclage du verre, la VOA, Verrerie Ouvrière d'Albi est une vieille dame centenaire mais dynamique qui dispose de 6 lignes de fabrication, a généré un chiffre d'affaires 2006 de 79 M€ pour une production 2006 de 330 millions de cols. Pour ce faire, elle introduit + de 90 % de calcin, matière première issue du recyclage des bouteilles et autres bocaux, pour ses productions de verre de teinte foncée. Avec de telles performances et une devise qui consiste à soutenir que « La qualité des hommes fait la qualité du verre », il était naturel que l'enfant du pays, Michel Gardes, Président de la Fédération des industries du verre, organise le 1er Forum « Eternellement Verre », au cœur du Tarn. Le rendez-vous avait lieu le 6 septembre dernier...

 Il n'y a pas de secret ! La taille de l'entreprise révèle aussi sa force : un groupe d'hommes et de femmes en dynamique, rôdés au travail en équipe, sachant adapter leur organisation aux lois du marché, toujours réactifs aux demandes de leurs clients dont ils connaissent et partagent les préoccupations, avec une devise : la qualité des hommes fait la qualité du verre. De là se déclinent un savoir faire et une capacité d'adaptation remarquables... 

  Une entreprise ancrée dans la tradition et tournée vers l'avenir

  Entreprise plus que centenaire, VOA - Verrerie d'Albi perpétue depuis plus d'un siècle la grande tradition verrière qui s'est affirmée dans le département du Tarn depuis le XIVème siècle. « C'est dans cette région de forêt fournissant idéalement du combustible qu'est née, en 1896, la Verrerie Ouvrière d'Albi sous l'influence de Jean Jaurès. Située au milieu des grands vignobles du sud de l'Europe, la VOA n'a jamais cessé d'améliorer son métier au travers de cet héritage, dont l'ensemble des salariés de l'usine est dépositaire », explique Joachim Romao, Président du directoire de l'usine.

  Verrerie ouvrière d'Albi : le passé 

Aujourd'hui filiale du groupe Saint-Gobain, VOA - Verrerie d'Albi produit quatre teintes de base - Vert, Feuille-morte, Blanc, Cannelle - et réalise de la coloration légère en feeder sur toute une gamme de bleus (clair, lagon, glacier, royal, volga) et un rose. Cette offre innovante et la souplesse de son outil de production la positionne essentiellement sur le créneau des bouteilles haut de gamme et personnalisées.

Gamme Verrerie ouvrière d'Albi   

 Elle s'adresse à trois marchés principaux - Vins, Apéritifs et Alcools, Boissons non alcoolisées - et exporte environ 15 % de sa production dans une vingtaine de pays. VOA - Verrerie d'Albi a toujours fait de la proximité une priorité. Celle-ci se traduit sur le terrain par un maillage serré de dépôts et un réseau de vendeurs, de distributeurs et d'agents particulièrement dense. Cette proximité est également sensible dans la qualité des relations humaines, où le service et le partage des préoccupations des clients sont réellement dominants.

 « Etablie sur une surface de 23 hectares, l'usine, dont la capacité est de 180 000 tonnes, dispose de 2 fours de production à feu continu et de 6 lignes de fabrication qui nous ont permis de produire 330 millions de cols environ sur l'année 2006. Le calcin entre pour 90% de la matière nécessaire à la fabrication des bouteilles de teinte vert foncé et cannelle. Notre unité occupe 300 salariés qui ont généré un chiffre d'affaires de 79 Millions d'€ en 2006 », complète Joachim Romao...

 Qualité Sécurité Environnement : des résultats et des objectifs ambitieux

 Certifiée ISO 9001 depuis 1995 et ISO 14001 depuis 2002, VOA - Verrerie d'Albi est engagée dans une démarche d'amélioration continue de la qualité des processus, des produits et de l'environnement. En 2007, 4 millions d'euros sont investis pour l'implantation d'un électro-filtre. Sa Politique Qualité Environnement et Sécurité définit les axes de travail conduisant à l'amélioration continue de la qualité des produits, du service rendu aux clients et du fonctionnement général de la société. La maîtrise de la sécurité alimentaire pour le consommateur est au centre du dispositif. Ainsi, l'usine sensibilise en permanence le secteur Production au risque verre, utilise des huiles et graisses conformes aux normes alimentaires NSF H1 et a mis en place des règles d'hygiène strictes pour le personnel.

Prochaine étape en 2007 : un certificat intégré Qualité, Environnement, Sécurité et Hygiène alimentaire. La politique ambitieuse menée dans le domaine de la sécurité des hommes et de l'outil industriel a permis d'atteindre des résultats remarqués dans la profession : l'an dernier, VOA - Verrerie d'Albi a reçu le Diamant Sécurité de Saint-Gobain.

 Un exemple unique et pérenne de partenariat régional

 L'usine est au cœur d'une dynamique régionale : avec ses partenaires, VOA - Verrerie d'Albi anime en effet le dispositif du recyclage du verre ménager depuis 1980 en Midi-Pyrénées et dans le Cantal, l'Aude et l'Hérault, soit 10 départements au total.

« Le gisement local de verre d'emballage, estimé à 140 000 tonnes, nous permet de recycler environ 80 000 tonnes, soit environ 57% », explique Jean-Philippe Chaudrut, Le Monsieur recyclage de l'entité albigeoise. « Il faut dire que le partenariat avec la région Midi Pyrénées, instauré au cours des années 80, a dopé la collecte et le recyclage du verre dans notre région. Il nous évite de prélever environ 96 000 tonnes de matières premières vierges dans la nature ; le revers de la médaille est qu'il est impératif d'enfourner un calcin de haute qualité pour permettre à nos fours d'absorber 90% de verre recyclé pour fabriquer les bouteilles », poursuit notre interlocuteur.

 De fait, peu après le lancement en 1976 de la politique nationale de valorisation du verre, menée par la Chambre Syndicale des Verreries Mécaniques de France, VOA - Verrerie d'Albi s'est rapprochée des instances régionales de Midi-Pyrénées, avant même la création de la nouvelle entité régionale par la loi de décentralisation. L'objectif : lancer ensemble la dynamique de la récupération du verre ménager. Un plan de développement de la collecte du verre a été rapidement mis en place conjointement, accompagné d'un plan de communication.

  Recyclage verre 

De cette action très pilote à l'époque, exemple unique en France de collaboration entre un industriel du verre et une région, on retiendra surtout :
 la création d'un conteneur, avec le concours d'une école toulousaine ;
 des soutiens à l'investissement des conteneurs pour les collectivités locales ;
 des actions fortes de communication sous la bannière Récup verre.

Depuis, ce partenariat étroit avec la région Midi-Pyrénées se poursuit, rythmé par des temps forts :
 1997-1998 : deux ans de campagne de sensibilisation en partenariat avec Eco-Emballages et Adelphe, avec spots télé, distribution de documentations aux citoyens, opérations destinées aux scolaires, etc.
 1999-2000 : célébration de 20 ans de recyclage en Midi Pyrénées, avec la réalisation d'une étude sur les résultats obtenus, publiée et remise aux élus locaux, et l'attribution d'un Marianne de Verre au Président du Conseil Régional.

Geste collecte du verre   

 Et les résultats, à la hauteur des ambitions : 95 % de la population concernée, 94 % des communes collectées,10 000 conteneurs implantés (dans 2600 communes) et 80 000 tonnes de verre récupérées en 2006 sur un gisement de 140 000 tonnes, soit un taux de recyclage de 57,2 %, proche de la moyenne nationale.

« Ces 80 000 tonnes de verre récupérées et recyclées sur la zone attribuée à la VOA correspondent à 80 000 tonnes de verre en moins dans les ordures ménagères des collectivités, 96 000 tonnes de matières premières non prélevées dans le milieu naturel et quelque 8 000 tonnes de pétrole économisées », rappelle Jean-Philippe Chaudrut... Le système qui fonctionne en Midi-Pyrénées entre les collectivités, les collecteurs de verre et les traiteurs est équilibré et viable. Il a donné lieu à la création de 40 emplois directs en 20 ans. Sans compter les emplois des collectivités, qui consacrent de plus en plus de moyens humains pour une bonne gestion des ordures ménagères.

 En ligne de mire : zéro défaut, zéro refus

 En 20 ans, le tonnage de verre extrait des ordures ménagères et recyclé dans les fours de la Verrerie d'Albi a été multiplié par plus de cinq. L'objectif est de dépasser les 57,2 % de verre recyclé obtenus en 2006 pour atteindre à terme les 75 %. Avec son partenaire Briane Environnement, traiteur indépendant qui assure le traitement du verre de la zone d'action de la verrerie d'Albi depuis plus de 30 ans, la VOA effectue un suivi qualité constant de la totalité du verre reçu des collectivités.

Gérard Briane   

 Aujourd'hui « tout le verre est contrôlé », confirme Gérard Briane ; « il faut dire que les quantités n'ont plus rien à voir avec le début de notre collaboration. En 1975, nous traitions 3 000 de verre dans l'année et sommes passés à 10 000 tonnes en 1980, 20 000 tonnes en 1985, 40 000 tonnes au milieux des années 90... L'an dernier, nous avons permis le recyclage de 79 500 tonnes de verre d'emballage », poursuit le Président de Briane Environnement.

Cette intensification des contrôles qualité, depuis plus de deux ans, correspond à la nécessité pour le verrier d'enfourner un calcin de qualité irréprochable, afin de pouvoir répondre aux exigences qualitatives de ses propres clients.

« Avec le temps et compte tenu des nouvelles contraintes qualitatives, nous avons dû équiper l'entreprise, au début des années 90, de tri optique et de machines à courant de Foucault pour parfaire nos performances... Cela étant, il faut garder à l'esprit que la qualité du verre est également fortement dépendante de l'information fournie au citoyen de l'organisation logistique et du suivi des opérateurs de collecte... », complète notre interlocuteur.

 En cas de problème constaté, le traiteur alerte immédiatement l'usine verrière qui informe la collectivité pour rechercher au plus tôt les dysfonctionnements et la manière d'y remédier. Ce processus permet la mise en place d'actions correctives immédiates, dans un climat de transparence qui favorise l'amélioration de la qualité du calcin.

L'objectif est d'associer tous les intervenants de la filière dans l'action qualité, du citoyen aux professionnels du recyclage par de l'information et la mesure de l'action. Dans ce contexte et parce que l'on ne chan,ge pas une équipe qui gagne, VOA - Verrerie d'Albi et Briane Environnement se préparent à améliorer encore les méthodes de tri, de contrôle et de communication pour que tous les acteurs favorisent le recyclage de 100 % du verre récupéré...

 Le tri par couleur ne fait pas l'unanimité...

 Loin s'en faut !!! Les élus présents dans la salle ne se sont pas fait prier pour plaider en faveur de la qualité du verre. Le tri par couleur en revanche, rencontre une farouche opposition. Explications...

  Le sénateur Gérard Miquel, Président du Conseil général du Lot, Président du Syded, pourtant défenseur de la collecte et du recyclage du verre y est « personnellement farouchement opposé, mais partisan de travailler davantage encore sur la qualité ».

« Je profite de l'occasion pour me féliciter publiquement du partenariat avec le président Michel Gardes qui n'use pas du même langage que son prédécesseur qui affirmait à qui voulait l'entendre qu'il y a trop de verre (avec la baisse des prix à la clé...) ? Il a même été question d'arrêter la collecte !!! Notre département a fourni de gros efforts et je n'aime pas que l'on raconte des histoires »...

  Gérard Miguel : sénateur 

« Michel Gardes tient le discours inverse et je m'en réjouis... Je regrette cependant d'avoir à constater que point vert en France est le plus faible d'Europe, et de loin : 0,12 centime d'euro contre 0,70 c € pour la Belgique, 2, 87 c € pour l'Allemagne et 3,15 c € en Autriche !!! Ce qui n'est pas sans incidence sur le prix de reprise du verre : 19,12 euros la tonne auxquels s'ajoutent le soutien Eco-Emballages et le soutien à la zone éloignée. Soit 38 euros la tonne avec un coût résiduel de 20 euros qui reste à la charge de la collectivité. Le tri par couleur ajouterait de charges inutiles puisque les machines sont aujourd'hui à même de trier le verre », ajoute le sénateur Miquel...

Le Lot, 165 000 habitants a collecté, grâce à un conteneur pour 140 habitants, 6 800 tonnes de verre d'emballage, soit 41,55 kg/hab. ; « ce qui constitue une performance intéressante et dont on peut se réjouir ».

Quand bien même la qualité peut être amélioré et c'est sur ce point que le Lot a mis fortement l'accent...

« Avant, c'est vrai, nombreux étaient les transferts avec la détérioration de la qualité du produit livré ; aujourd'hui, nous utilisons des poly bennes ce qui génère des coûts dont on ne tient pas compte dans le montant des aides que nous apercevons »...

« Nous somme conscients d'être vos partenaires et d'avoir à travailler sur la qualité », conclut Gérard Miquel. En revanche, il me paraît opportun de faire évoluer le Point Vert et arriver au Juste Prix car le partenariat se doit d'être réciproque... ».

Jean-marc Pastor : sénateur

 
 

 Des propos que n'a pas contredit le sénateur Jean-Marc Pastor, Vice-président du Conseil général du Tarn, Président de Trifyl, lui aussi très attaché à la collecte du verre et conscient de ses bienfaits pour la collectivité : «  notre expérience est moins ancienne que celle de mon collègue du Lot, elle se décline différemment et donne désormais de bons résultats ...

Notre choix a consisté à mettre en place la méthanisation des déchets, à récupérer en vrac les produits recyclables et avons opté pour la « limitation du geste à faire » : deux poubelles (le recyclables et les non recyclables) auxquelles s'ajoute une colonne à verre, constituent l'ossature du dispositif mis en place.

Simultanément, le département du Tarn a rationalisé ses relations avec Eco-Emballages en passant de 24 contrats différents à un seul et ce, en recréant une unité départementale. Le verre a bénéficié de la même stratégie : un seul contrat depuis un an et 5,4 bouteilles sur 10 sont désormais recyclées à l'aide de1 000 points de collecte répartis sur le département. Résultat on ne peut plus enthousiasmant : « pour la première fois, en 2007, non seulement la facture du contribuable a baissé, mais nous sommes passés de 6 600 à 7 600 tonnes de verre collecté.

Notre souci n'est pas de trier le verre par couleur mais de fournir du verre de qualité. Pour ce faire, nous envisageons d'augmenter le nombre de conteneurs ; je crois nécessaire, en effet, d'organiser la proximité pour renforcer l'efficacité de la collecte du verre.

Il faut de temps en temps pouvoir faire un clin d'œil au contribuable : je suis opposé au tri du verre par couleur parce qu'il coûte cher et parce que ce n'est pas le métier du citoyen que de préparer de la matière première »...

 Message entendu par les verriers dont le Président, Michel Gardes, concluait le débat en se « félicitant de ce rapprochement efficace entre collectivités et industrie verrière régionale »...

 

 

 

 

  Michel Gardes 

Source : Dechetcom.com (13.09.07)

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